Le conte
Durant ton enfance, tu as souvent écouté ou lu des contes. Un conte, c’est une histoire racontée – on peut aussi dire narrée – par quelqu’un qui agit comme un intermédiaire en nous plongeant dans un monde dont il ne fait pas partie. Très fréquemment, le conteur – on peut aussi dire le narrateur – intervient dans son récit et interpelle l’auditeur ou le lecteur. Ces interventions rappellent qu’à l’origine les contes étaient dits devant une assemblée.
Beaucoup de contes en effet nous viennent de la tradition orale, du bouche à oreille : ils ont été dits, redits, répétés, déformés, enrichis au fil des siècles et cette transmission orale est encore vivante dans certaines parties du monde. Les contes populaires s’adressent à tous les publics (pas seulement aux enfants !) et ils évoquent tout ce qui touche à la vie : les croyances relatives aux phénomènes naturels, le Bien et le Mal, la mort, l’amour, les qualités et défauts des hommes, les difficultés du quotidien…
Le conte transporte le lecteur ou l’auditeur dans un monde qui, tantôt semble proche de celui qu’il connait (un milieu qui ressemble au sien, à une époque proche de la sienne), tantôt parait fort différent de son univers familier (un pays peuplé de monstres et de magiciens en des temps indéfinis).
En plus de divertir, d’amuser, le conte peut informer, transmettre la mémoire du passé… ou encore donner au lecteur une « leçon de vie », que ce soit d’une manière explicite (la leçon est clairement exprimée) ou d’une manière implicite (on ne découvre la leçon qu’au prix d’une réflexion) : il faut faire ceci, il ne faut pas croire cela, le plus faible peut l’emporter sur le plus fort, il faut se méfier des apparences, le courage est toujours récompensé… Selon son âge et son expérience, l’auditeur ou le lecteur peut tirer du conte des leçons différentes.
À partir du 17e siècle, de nombreux contes ont été collectés, écrits et adaptés. Certains d’entre eux ont connu, et connaissent encore, un grand succès comme Cendrillon, La Belle au bois dormant, Le Petit Poucet, Blanche-Neige, Le Chat botté… Depuis lors et jusqu’à nos jours, des écrivains, dont certains fort célèbres, ont créé leurs propres contes, en puisant ou non dans la tradition populaire. Un des auteurs les plus connus est, au 19e siècle, le Danois Andersen (La petite Sirène, Le vilain petit Canard…). Plus près de nous, on trouve, parmi bien d’autres, Marcel Aymé, Jacques Prévert, Pierre Gripari et Michel Tournier.
Le conte merveilleux
Une des espèces les plus connues du conte est le conte merveilleux. Tu en trouveras quelques exemples connus dans notre recueil de 10 contes (cahier de l'élève).
L’histoire racontée se situe généralement dans un temps et un lieu imprécis (Un jour, dans un pays lointain…) et nous plonge dans un univers surprenant où l’on rencontre des situations, des objets, des personnages et des phénomènes invraisemblables, extraordinaires (qui ne pourraient se produire dans la réalité). Personne ne s’étonne d’entendre parler un animal, de voir voler un tapis ou de tomber nez à nez avec un ogre…Sauf s’il est très jeune, le lecteur ou l’auditeur n’a pas vraiment peur puisqu’il sait qu’il se trouve dans un monde imaginaire et fantaisiste. S’il est un habitué des contes, il sait aussi que le dénouement sera fort probablement heureux et que l’ordre moral sera respecté : le méchant sera puni, le gentil sera sauvé, la princesse épousera le beau chevalier…
Les personnages qui peuplent les contes merveilleux n’ont généralement que peu d’épaisseur psychologique, ils ne sont caractérisés qu’en fonction du rôle qu’ils jouent dans l’histoire : la princesse est belle, la marâtre méchante, le chevalier courageux, l’ogre cruel et affamé… Parfois ils n’ont même pas de nom et sont désignés par un objet qu’ils portent (un chaperon rouge), une caractéristique physique (plus petit qu’un pouce) ou encore leur fonction (la sorcière). Cette simplicité permet à chacun de se représenter les personnages à sa guise et de s’identifier à certains d’entre eux.
Le conte merveilleux, comme tout récit de fiction, peut se lire comme l’histoire d’un personnage (le héros) qui, poussé par une force (une personne, un sentiment, un évènement…), tente d’obtenir ou de garder une « chose » (de l’argent, l’amour, un remède…) qui profitera à « quelqu’un » (la famille, le royaume, une personne particulière…). La tentative est tantôt contrariée par des forces qui s’opposent au héros, tantôt favorisée par d’autres forces qui aident le héros. Le récit répond donc aux questions Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Dans quel but ? Au bénéfice de qui ? Par quels moyens ? Avec quel résultat ? Grâce à qui ou quoi ? Malgré qui ou quoi ?
La structure du récit est souvent simple et tu en connais les éléments : la situation initiale (heureuse ou malheureuse, mais stable), la perturbation (l’élément qui change le cours ordinaire des choses et conduit à agir), l’action (les épreuves, les aventures du personnage), la résolution (qui rétablit l’ordre) et la situation finale. L’histoire peut s’arrêter là ou bien rebondir par l’arrivée d’une nouvelle perturbation…
Ne confonds pas conte merveilleux et conte fantastique. Ils ont un point commun : nous sommes confrontés à des éléments invraisemblables, extraordinaires. Mais ils sont fondamentalement différents : le conte merveilleux nous plonge d’emblée dans un univers fictif où on n’a pas vraiment peur ; le conte fantastique, au contraire, donne à penser que les phénomènes surnaturels inquiétants se déroulent dans notre monde, celui que nous connaissons, et cela fait vraiment peur…
La parodie
À la télé, tu vois souvent des humoristes qui reprennent l’air d’une chanson célèbre, imitent la voix de l’artiste (en exagérant certaines caractéristiques) mais changent les paroles pour provoquer le rire de l’auditeur. À l’école, tu as déjà ri en voyant un camarade qui parodie un de tes professeurs : il reprend ses tics de langage, sa façon de parler, ses colères, ses gestes… Ce qui te fait rire, c’est à la fois la ressemblance (tu reconnais parfaitement le chanteur ou le professeur) et l’exagération (les défauts sont amplifiés, les propos sont déformés…).
Certains personnages, certaines situations, certaines œuvres ou certains genres artistiques sont tellement connus qu’on peut s’amuser à les parodier pour faire rire, pour se moquer ou tout simplement pour le plaisir. Et toi, tu pourrais parodier, comme l’ont fait de nombreux auteurs, un conte merveilleux.
Voici quelques titres évocateurs : Le petit laideron rouge et le gentil loup, Blanche-Neige et les sept géants, La laide au bois ronflant, Le chat crotté, Les trois petits loups et le grand méchant cochon… Ces titres te font rire parce que tu as identifié un conte que tu connais et que tu sais, d’emblée, qu’il s’agira d’une parodie.
Mais comment réussir une parodie ? Tu trouveras des exemples et les principaux procédés dans la rubrique Ressources du site Internet.